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PRIX MOYEN D’UN LOGEMENT LOUÉ SUR AIRBNB À TEL-AVIV, 183 $US. UN DES PLUS ÉLEVÉS DU MONDE.

  • 04-10-2019
  • Tendances
  • Se Loger Israel

Le directeur général de l’Association des hôteliers de Tel-Aviv ne se dit pas friand d’Airbnb, mais il en a plutôt contre la municipalité, qu’il tente depuis longtemps de convaincre pour qu’elle impose des balises claires à l’endroit de l’entreprise américaine. « Airbnb opère dans un cadre réglementaire inexistant. Si vous voulez construire un hôtel en Israël, ça prendra à peu près sept ans. Avec tous les permis nécessaires. Une fois que vous ouvrez finalement vos portes, vous voyez que l’immeuble de l’autre côté de la rue fait la même chose que vous, sans permis, sans se soucier du zonage, sans payer de taxes. Aucune réglementation », dénonce-t-il. « Nous avons demandé à la municipalité, au maire Ron Huldai, de faire leur travail. C’est vrai qu’il y a des aspects du problème qui relèvent du gouvernement. Mais les permis de construction, ceux pour ouvrir des commerces et les taxes municipales, c’est de leur ressort. Mais pour plein de raisons, souvent politiques, personne ne semble vouloir s’occuper du problème. […] Nous sommes un pays libre. Tout le monde peut faire ce qu’il veut. En respectant la loi, par contre. Si vous voulez jouer à l’hôtel, d’accord. Mais il faut que tous jouent selon les mêmes règles. C’est une question de bons sens, de fair-play. »

Halte aux projets d’expansion

Tel-Aviv compte 8700 chambres d’hôtel (11 000 dans sa grande région métropolitaine)*, contre plus de 10 000 appartements en location sur Airbnb. Un ratio de 115 %. Son industrie touristique tourne à plein régime, et les chambres d’hôtel se louent à prix d’or, mais les hôteliers digèrent quand même mal le flou réglementaire dans lequel fonctionne Airbnb et ce qu’ils qualifient de « laxisme » des autorités par rapport à cette question.
Non pas parce que la plateforme les empêche de remplir leurs établissements, pour le moment. Mais plutôt parce que, dans les conditions actuelles, elle freine une partie de leurs plans d’expansion et rend leur avenir un peu plus incertain.
Le prix moyen d’un logement loué sur Airbnb à Tel-Aviv est de 183 $US. Un des plus élevés du monde. C’est là que le bât blesse, selon M. Ziv. « Aujourd’hui à Tel-Aviv, personne ne va construire un hôtel 3 étoiles. Il y a à peine 900 chambres dans cette catégorie. »
Les entreprises qui avaient des projets de construction d’hôtels 3 étoiles les ont tous arrêtés. Pourquoi ? Parce que la pression sur les prix est trop forte. Ils ne peuvent pas concurrencer avec Airbnb.

Eli Ziv, DG de l’Association des hôteliers de Tel-Aviv

Pour les hôteliers, le règlement adopté par la Ville de doubler la taxe municipale à ceux qui louent leur demeure uniquement aux touristes – une de leurs demandes – est un pas dans la bonne direction. Mais il ne va pas assez loin. « Ils vont payer, ils vont se dire OK, pas de problème. Il ne faut pas oublier que près de 60 % de ces appartements sont dans les mains d’entreprises qui s’occupent de les louer », avance Eli Ziv.
Ce dernier se dit d’accord pour que les propriétaires obtiennent le droit d’accueillir des touristes moins de 90 jours par année. Mais pour plus longtemps, « ils devraient aller chercher un permis à la Ville avec un numéro d’identification. Ainsi, la municipalité et le gouvernement pourront savoir qui fait quoi tout en appliquant les règles fiscales. »
« Des permissions écrites de la part des voisins devraient aussi être exigées, ajoute-t-il. Imaginez, vous achetez un appartement, et soudainement, la moitié de votre immeuble devient un hôtel. […] C’était un petit problème au début qui n’a pas été réglé. Il est maintenant hors de contrôle. »

Image : ColorMaker / Shutterstock.com